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Il semble évident à la plupart des chercheurs que l’entrepreneuriat dépend en partie de la culture dans laquelle il se développe. Il y a tout d’abord le défi de la gestion de la diversité culturelle. On doit également tenir compte de la culture propre à chaque secteur d’entreprise et dans certains cas aux cultures d’entreprise elle-même. Il s’agit d’une question négligée selon Rachid Harmel (HEC). Il faut analyser le contexte multiculturel du marché du travail et adopter une approche multi niveaux impliquant trois dimensions:

  • la culture nationale,
  • la culture professionnelle,
  • les sous-cultures organisationnelles.

Il faut apprendre à gérer la complexité des interactions quotidiennes en effectuant des opérations d’intégration et de différenciation à chacun des niveaux.

Pour leur part, Josée Saint-Pierre et son équipe (UQTR) ont mis en évidence l’influence de la culture entrepreneuriale régionale et de la culture d’innovation sur le développement des PME. En particulier, certains traits cognitifs comme les intentions, les valeurs, les motivations et les perceptions – composant ensemble la culture entrepreneuriale – sont en mesure de dynamiser plus ou moins l’esprit d’entreprise, et de mobiliser plus au moins l’esprit d’entreprendre. Une région se définit par les déterminants de sa culture propre et de sa culture d’innovation. Par exemple, la Gaspésie est une région qui peut être considérée en retard par sa culture entrepreneuriale, mais en avance dans le domaine de l’innovation, et manifestant plus d’ouverture interrégionale.

En terminant cette chronique, notons que pour Farida Abbas-Merzouk (Algérie) même si l’agence entrepreneuriale algérienne déclare avoir appuyé 250 000 nouvelles PME ces dernières années, seulement 18 % bénéficient de programmes d’État. Malheureusement le climat d’affaires est négatif puisque l’Algérie se place au 152e rang sur les 185 pays répertoriés en cette matière. En effet l’environnement réglementaire est peu adéquat et très bureaucratisé. Les entreprises d’État concurrencent régulièrement le secteur privé. Dans ce contexte la mortalité des PME est très élevée puisque 3 000 d’entre elles ferment leurs portes chaque année. Ce sont surtout les très petites entreprises qui se multiplient. Cependant de nombreux organismes algériens tentent de changer cette situation en faisant la promotion de l’entrepreneuriat dans différents secteurs économiques.

Raymond-Robert Tremblay
Directeur général, novembre 2014

André Lamoureux, Raymond-Robert Tremblay et Fadhila Houyou.

André Lamoureux, Raymond-Robert Tremblay et Fadhila Houyou.