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Ines Gabarret (EDC Paris Business School) et Benjamin Vedel (université de Lille) nous ont entretenus des dimensions de la motivation en entrepreneuriat social. Ils ont mis en évidence le fait que certains entrepreneurs sont en mesure de combiner la recherche de la profitabilité avec un impact social positif. Les entreprises sociales qui réussissent combinent les motivations dites d’opportunité et de volonté. Ils sont en fait animés de motivations très complexes. Certains croient que l’entrepreneuriat social peut entraîner une transformation du système capitaliste. S’il ne le fait pas, il joue tout de même le rôle de système compensatoire.

Amélie Jacquemin et Xavier Lesage (ESSCA) ont comparé le processus d’effectuation entre entrepreneurs novices et entrepreneurs expérimentés. Le but de cette recherche est d’identifier les types d’accompagnement qui permettent un transfert fluide de l’expérience. Leur problématique les amène à examiner le processus expérientiel des pics d’émotions négatives, ce qu’ils appellent l’ascenseur émotionnel. Ces contextes sont loin de l’entrepreneur héroïque, mais mettent en évidence les caractéristiques de la pratique réelle. Plus particulièrement, ils se demandent comment surmonter ses pics et relancer l’engagement. En effet, le doute entrepreneurial prend plusieurs formes : craintes face au risque, incertitude et ambiguïté. Dans la majorité des cas, on observe un écart très important entre les attentes fantasmées et les réalités expérimentées. L’effectuation est un concept qui permet de penser l’enchâssement social dans un contexte d’incertitude. L’entrepreneur a tout intérêt à développer sa flexibilité et sa tolérance aux pertes. À l’issue de toutes ces démarches, il doit apprendre à revenir à la quête de sens qui est à l’origine de son engagement.

Sur la scène principale, chaque pays représenté exposé son drapeau.

Sur la scène principale, chaque pays représenté exposé son drapeau.

Dans un dernier atelier, les chercheurs Cynthian Ann Sheehan et Étienne St-Jean ont déploré l’absence d’études systématiques sur la santé des entrepreneurs. En effet, on peut observer que le stress financier, la personnalité même de l’entrepreneur, les difficultés et les longues heures de travail, sans compter l’ambiguïté des rôles, peuvent mener l’entrepreneur à négliger une santé pourtant défaillante.

Dans une voie de recherche similaire, Florence Guilianni et ses collaborateurs de l’université de Montpellier ont étudié la vigilance entrepreneuriale et les effets de la fatigue sur la capacité des entrepreneurs à bien saisir les opportunités qui se présentent. De nombreuses études démontrent un lien très fort entre la qualité et la quantité de sommeil et l’efficacité au travail des gestionnaires et des travailleurs. En fait on a montré que les petits dormeurs, c’est-à-dire ceux qui dorment moins de six heures par nuit, même s’ils ne ressentent pas leur fatigue, subissent une surcharge cognitive et effectue des décisions de moindre qualité. Lorsqu’une opportunité se présente, ils peuvent la rejeter sans raison valable ou encore voir une possibilité là où il n’y en a pas vraiment. Ainsi ils accumulent les erreurs de jugement, les pertes de mémoire et leur processus décisionnel est plus difficile. Cette étude a l’avantage de faire ressortir les besoins d’équilibre personnel de l’entrepreneur tant au plan physiologique, psychologique, que cognitif. Elle terminait en préconisant une conscientisation préventive afin d’instiller à l’entrepreneur une préoccupation pour sa propre santé.

Enfin Pierre Cossette, de l’Université du Québec à Montréal, a mis en évidence l’importance de partager sa vision stratégique pour le dirigeant d’une très petite entreprise envers ses salariés. Nous savons tous que la vision partagée entraîne un engagement organisationnel plus fort et que des valeurs partagées permettent un respect des personnes qui favorisent le climat de travail. Il a pu mettre en évidence quatre leviers :

  1. La qualité du travail en équipe.
  2. La reconnaissance individuelle.
  3. L’organisation de l’activité autonome du travail.
  4. La qualité de l’espace de travail et la préoccupation pour la santé.

Ces leviers permettent aux dirigeants de très petites entreprises, mais probablement aussi aux autres, d’effectuer une traduction valable de leur vision pour leur personnel.

Raymond-Robert Tremblay
Directeur général, novembre 2014

Wissal ANIR Wassila TABET Mr. TABET Rhita SABRI

Mme Wissal Anir, chargée de la communication CIFEPME à Agadir, a joué un rôle très important dans l’organisation du Congrès. Aussi, sur la photo : Dr. Wassila Tabet, son conjoint et Dr. Rhita Sabri. L’hospitalité marocaine est légendaire. Ici: un couscous traditionnel et convivial! Nous avons été reçus d’une manière «royale».