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Les chroniques d’Agadir en entrepreneuriat – Les perceptions des dirigeants de PME en matière de cession – transmission – Une intention plus contrainte qu’attractive?

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Résumé d’atelier : Frédérique Grazzini, Jean-Pierre Boissin et Anne-Laure Albanet, CERAG-IAE Université de Grenoble, France

Cette recherche place les dirigeants cédants en 4 classes soit : le dirigeant sociétal (souhaite une pérennité de leur entreprise, 50 %), l’entrepreneur en série (veut réaliser une transaction financière intéressante pour 21 %), l’entrepreneur en échec (19 %, une voie pour quitter le métier d’entrepreneur qui implique trop de stress, trop de responsabilités, etc.) et finalement le dirigeant en attente de changement (15 %, mettre fin à un projet professionnel décevant, ils sont peut-être prêts à reprendre une autre entreprise ou agir en salarié). Soulignons que le taux d’intention de cession est particulièrement élevé (78 %) par rapport au taux d’attractivité (près de 60 %). Dans le cas de cette étude, l’intention de cession de l’entreprise est fortement contrainte par plusieurs aspects.

Vue partielle des participants au 12e CIFEPME.

Vue partielle des participants au 12e CIFEPME.

Au-delà des différences de profils de cédants que cette recherche évoque, 65 % des dirigeants interrogés estiment qu’une formation à la cession est indispensable. En grande majorité les cédants considèrent qu’ils ont des lacunes concernant leurs capacités à réaliser les tâches spécifiques à la cession d’entreprise. Afin de pallier cela, la formation des jeunes ne devrait-elle pas inclure des aspects touchant le transfert d’entreprises?

L’expérience de l’entrepreneur est confirmée comme étant une variable qui a un impact sur sa capacité à céder son entreprise. Dansl’esprit, « dis-moi quel dirigeant tu as été, je te dirai quel cédant tu seras », cette recherche offre une comparaison avec Marchesnay (1998). Le pouvoir public doit agir afin de faciliter les transmissions d’entreprise en tenant compte des différents profils d’entrepreneurs faisant face aux cessions d’entreprises. La disparition éventuelle de ce tissu de TPE peut très bien intervenir faute de transmission et aurait des conséquences irréversibles dans les écosystèmes.

André Lamoureux
Conseiller pédagogique, novembre 2014

 

Par |novembre 12th, 2014|Entrepreneuriat enseignant|0 commentaire

Les chroniques d’Agadir en entrepreneuriat – Des tables rondes animées : du bricolage entrepreneurial aux approches critiques

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Les tables rondes ont un caractère fort différent de celui des ateliers. En principe, on doit y débattre et faire participer l’auditoire. Ces qualités se sont retrouvées de façon assez variable dans les tables rondes auxquelles j’ai assisté.

Table ronde 2 : Bricolage entrepreneurial

La deuxième table ronde portait sur le thème du bricolage entrepreneurial, en le distinguant de l’approche habituelle. Voici comment cette réflexion était présentée dans le programme : « La recherche récente voit émerger un certain nombre de courants alternatifs aux approches mainstream de l’entrepreneuriat. C’est ainsi que l’on voit se développer des travaux sur l’effectuation, le bricolage, la sérendipité ou encore l’improvisation, pour décrire les comportements entrepreneuriaux. Ces concepts, proches de la réalité des dirigeants de petite entreprise, interrogent ainsi la vision classique de l’entrepreneur saisisseur d’opportunités et visionnaire à la fois. »

Avec un franc parler apprécié, Pierre-André Julien a invité les jeunes chercheurs  à examiner des aspects précis du processus entrepreneurial, de manière empirique, plutôt que de mener des études sur des concepts pas aussi nouveaux qu'ils le prétendent!

Une trentaine de personnes assistaient à cette table ronde au titre complexe : Bricolage, effectuation, sérendipité, improvisation – de nouveaux cadres théoriques pour la recherche en entrepreneuriat.

Le débat a surtout porté sur les distinctions théoriques entre chacune de ces variantes de l’improvisation dont tout entrepreneur doit savoir faire preuve dans la conduite des activités quotidiennes de son entreprise. Avec un franc-parler apprécié, Pierre-André Julien a invité les jeunes chercheurs à examiner des aspects précis du processus entrepreneurial, de manière empirique, plutôt que de mener des études sur des concepts pas aussi nouveaux qu’ils le prétendent! Après 40 ans de travaux de recherche et une renommée internationale, monsieur Julien peut certes s’autoriser à reprendre ses jeunes collègues.

 

Table ronde 3 : Identité et perspectives de la recherche francophone en entrepreneuriat et PME

La troisième table ronde portait sur l’identité et les perspectives de la recherche francophone en entrepreneuriat et PME. Une comparaison entre les publications dans les revues savantes francophones et anglophones nous a permis d’observer l’émergence de nouveaux thèmes comme l’entrepreneuriat féminin et l’entrepreneuriat international. On a pu voir qu’il existe un certain équilibre entre les différentes méthodes de recherche soit : les études de cas, les méthodes quantitatives, les méthodes qualitatives, et les autres méthodes, par exemple les réflexions théoriques. Si la recherche francophone est en expansion constante qui se reflète dans quelques publications, les chercheurs importants publient volontiers dans les revues savantes anglophones prestigieuses qui leur permettent d’accumuler des citations et des référencements. Il ne faut pas oublier que nous sommes ici dans l’univers de la recherche universitaire où règne l’obligation de publier dans des revues très restrictives dirigées par des pairs.

Table ronde 4 : Approches critiques en entrepreneuriat

La quatrième et dernière table ronde a certainement été la plus divertissante. Elle portait sur les approches critiques en entrepreneuriat : facettes et enjeux pour la communauté des chercheurs francophones. Nous avons pu obtenir diverses descriptions des principales méthodes qui remettent en cause les vérités implicites du discours managérial. Il est apparu au cours des débats que la problématique du pouvoir et du contrôle c’est-à-dire l’identification des dominations et des rapports de pouvoir était certainement au cœur de toutes les méthodes critiques et permettait de distinguer celles-ci des approches traditionnelles.

Qu’il s’agisse de déconstruire les évidences, d’adopter une posture de réflexivité, de confronter les rationalités multiples ou de dévoiler les conséquences des discours dominants, la critique consiste toujours à identifier l’idéologie sous-jacente aux récits sur la figure héroïque de l’entrepreneur tout-puissant, innovateur, mais aussi quelquefois narcissique, voire asocial. Cette critique comporte également un côté positif lorsqu’elle met en évidence le fait que les entrepreneurs ne cherchent pas seulement à maximiser leur profit, mais aussi à se réaliser comme personnes uniques, à s’émanciper de contraintes sociales et même à être porteur d’une certaine subversion. Si les référents de ces courants de pensée sortent un peu de l’ordinaire des théories de la gestion, c’est qu’on y rencontre souvent des philosophes, des sociologues et d’autres représentants des sciences humaines. À la limite, la figure héroïque de l’entrepreneur peut être culpabilisante puisque « si tu as vraiment la fibre tu persistes et tu réussis ! » C’est du moins le discours officiel.

Raymond-Robert Tremblay
Directeur général, novembre 2014

Par |novembre 11th, 2014|Entrepreneuriat enseignant|0 commentaire

Les chroniques d’Agadir en entrepreneuriat – Construction d’un «satisfactomètre» entrepreneurial à partir des événements affectifs du dirigeant de PME

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Résumé d’atelier : Thomas Lechat, Doctorant à l’Université de Montpellier 1 (Labex Entreprendre).  Olivier Torres, Professeur à l’Université de Montpellier 1 (Labex Entreprendre)

Messieurs Lechat et Torres ont orienté leur recherche principalement sur la composante émotionnelle de la satisfaction des dirigeants d’entreprises.  À dix reprises au cours d’une année, 357 dirigeants ont été sondés et ont identifié l’événement qui les a le plus marqué positivement au cours du mois.

Monsieur Olivier Torrès, l'éloquent président de l'AIREPME, prononce l'un des mots de bienvenue à l'adresse des 175 participants du 12ème Congrès international francophone en entrepreneuriat et PME (CIFEPME).

Monsieur Olivier Torrès, l’éloquent président de l’AIREPME, prononce l’un des mots de bienvenue à l’adresse des 175 participants du 12ème Congrès international francophone en entrepreneuriat et PME (CIFEPME).

Les résultats ont permis de classer ces événements autour de 28 catégories. Les événements offrant le plus de satisfaction sont :

  • la satisfaction du client
  • la formation du dirigeant
  • l’agrandissement des locaux de l’entreprise
  • le déménagement de l’entreprise dans de nouveaux locaux
  • la création d’une nouvelle entreprise
  • la bonne entente avec les partenaires de toutes natures de l’entreprise
  • les vacances du dirigeant
  • le bon climat de travail dans l’entreprise

En conclusion, comment, à titre de praticien ou de pédagogue, pouvons-nous réutiliser ces informations dans notre pratique?

André Lamoureux
Conseiller pédagogique, novembre 2014

Les chroniques d’Agadir en entrepreneuriat – Culture et PME

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Il semble évident à la plupart des chercheurs que l’entrepreneuriat dépend en partie de la culture dans laquelle il se développe. Il y a tout d’abord le défi de la gestion de la diversité culturelle. On doit également tenir compte de la culture propre à chaque secteur d’entreprise et dans certains cas aux cultures d’entreprise elle-même. Il s’agit d’une question négligée selon Rachid Harmel (HEC). Il faut analyser le contexte multiculturel du marché du travail et adopter une approche multi niveaux impliquant trois dimensions:

  • la culture nationale,
  • la culture professionnelle,
  • les sous-cultures organisationnelles.

Il faut apprendre à gérer la complexité des interactions quotidiennes en effectuant des opérations d’intégration et de différenciation à chacun des niveaux.

Pour leur part, Josée Saint-Pierre et son équipe (UQTR) ont mis en évidence l’influence de la culture entrepreneuriale régionale et de la culture d’innovation sur le développement des PME. En particulier, certains traits cognitifs comme les intentions, les valeurs, les motivations et les perceptions – composant ensemble la culture entrepreneuriale – sont en mesure de dynamiser plus ou moins l’esprit d’entreprise, et de mobiliser plus au moins l’esprit d’entreprendre. Une région se définit par les déterminants de sa culture propre et de sa culture d’innovation. Par exemple, la Gaspésie est une région qui peut être considérée en retard par sa culture entrepreneuriale, mais en avance dans le domaine de l’innovation, et manifestant plus d’ouverture interrégionale.

En terminant cette chronique, notons que pour Farida Abbas-Merzouk (Algérie) même si l’agence entrepreneuriale algérienne déclare avoir appuyé 250 000 nouvelles PME ces dernières années, seulement 18 % bénéficient de programmes d’État. Malheureusement le climat d’affaires est négatif puisque l’Algérie se place au 152e rang sur les 185 pays répertoriés en cette matière. En effet l’environnement réglementaire est peu adéquat et très bureaucratisé. Les entreprises d’État concurrencent régulièrement le secteur privé. Dans ce contexte la mortalité des PME est très élevée puisque 3 000 d’entre elles ferment leurs portes chaque année. Ce sont surtout les très petites entreprises qui se multiplient. Cependant de nombreux organismes algériens tentent de changer cette situation en faisant la promotion de l’entrepreneuriat dans différents secteurs économiques.

Raymond-Robert Tremblay
Directeur général, novembre 2014

André Lamoureux, Raymond-Robert Tremblay et Fadhila Houyou.

André Lamoureux, Raymond-Robert Tremblay et Fadhila Houyou.

Par |novembre 7th, 2014|Entrepreneuriat enseignant|0 commentaire

Les chroniques d’Agadir en entrepreneuriat – Marche ou crève! Étude des chemins d’influence de l’Anxiété face à l’avenir et du « Coping » sur la formation de l’intention entrepreneuriale

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Résumé d’atelier : Adnade Maâlaoui, ESG Management School, France

Les résultats d’une étude menée sur un échantillon de plus de 1800 jeunes en Tunisie, démontrent que les stratégies d’adaptation développées par les 18-30 ans pour faire face à l’anxiété (face à l’avenir) sont la religion, la consommation de produits illicites et le soutien de la famille. Il apparait également que l’anxiété a un effet direct et significatif sur ces stratégies d’adaptation, mais pas sur l’intention entrepreneuriale. Par ailleurs, les stratégies d’adaptation ont une influence directe et significative sur les antécédents (Ajzen, 1991) de l’intention entrepreneuriale.

En d’autres mots, le fait de faire appel à l’une ou l’autre des stratégies d’adaptation face à un état de chose, influence ces personnes quant à leur attitudes face à l’entrepreneuriat, la norme subjective et comment ils se perçoivent compétents pour entreprendre.

L’intention d’entreprendre est impactée puisque les personnes ont une lunette différente lorsqu’ils sont en situation d’anxiété et qu’ils font appel à l’une ou l’autre des stratégies d’adaptation.

André Lamoureux
Conseiller pédagogique, novembre 2014

Agadir, une magnifique ville touristique du Maroc.

Agadir, une magnifique ville touristique du Maroc.

 

Cette conférence comportait un aspect culturel important. Ici: danse et percussions Berbère.

Cette conférence comportait un aspect culturel important. Ici: danse et percussions Berbère.

 

Par |novembre 6th, 2014|Vision entrepreneuriale|0 commentaire

Les chroniques d’Agadir en entrepreneuriat – Présentation générale du Congrès international francophone en entrepreneuriat et PME

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L’association internationale de recherche en entrepreneuriat et PME (AIREPME) a été créée pour permettre aux chercheurs francophones en entrepreneuriat d’avoir un point de référence commun. Ce 12e congrès biennal représente un achèvement pour la première génération de chercheurs. La revue associée se nomme la Revue internationale PME. Voici un extrait de sa présentation :

Depuis 1988, la revue internationale PME vise à promouvoir la diffusion en langue française de recherches concernant les PME et l’entrepreneuriat. Elle accueille des contributions de haut niveau scientifique, à la fois théoriques et empiriques, se situant dans les domaines des sciences de la gestion et de l’économie, mais également de champs voisins qui s’intéressent aussi aux questions touchant aux PME et à l’entrepreneuriat (géographie, sociologie, psychologie, etc.)

Malgré l’existence de cette revue, il faut souligner que les chercheurs reconnus publient généralement dans des revues savantes anglophones renommées.

Le thème du Congrès reflète bien la diversité de cette association de recherche scientifique, surtout animée par des professeurs d’université et leurs doctorants : « Diversité des cultures en entrepreneuriat et PME». On remarque toutefois quelques intervenants et entrepreneurs parmi les participants. Très peu des travaux concernés trouvent une application évidente, la plupart des recherches ayant ce caractère très théorique propre aux champs de recherche universitaires.

Nous avons malgré tout tenté de retenir quelques enseignements de nature à éclairer l’entrepreneuriat éducatif ou l’intervention en entrepreneuriat.

Raymond-Robert Tremblay
Directeur général, novembre 2014

Nous avons été reçu d'une manière exceptionnelle par l'Hôte du congrès: l'université privée Universiapolis.

Nous avons été reçu d’une manière exceptionnelle par l’Hôte du congrès: l’université privée Universiapolis.

Les participants au congrès s'inscrivent. Ceux-ci proviennent de divers pays d'Afrique, d'Europe, et des Amériques.

Les participants au congrès s’inscrivent. Ceux-ci proviennent de divers pays d’Afrique, d’Europe, et des Amériques.